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Je passe le flambeau de Kéno

Un événement d’importance s’est produit le 1e janvier 2001 au Camp Kéno. Après des années et des années d’engagement (1966à 2000), de présence et d’exploits au camp, moi, votre dévoué et légendaire Roger, l’homme au chapeau vert, je passe le flambeau à plus flamboyant que moi : Christian Drolet.

Ne croyez pas qu’on me pousse vers la sortie. Oh ! que non. D’ailleurs, je ne vous cacherai pas que je serai attaché à ces lieux que j’ai l’immense fierté d’avoir contribué à bâtir et que je vois vivre et bouger depuis tant d’années. 

 

Vous comprendrez sans doute qu’après avoir grimpé aux arbres des centaines de fois, réussi avec grande distinction toutes les activités du Camp et fait rougir de honte les moins agiles, j’ai pour ainsi dire gagné mes lauriers. Aussi, je veux permettre à quelqu’un d’autre de vivre à son tour tout ce que cet engagement peut apporter comme fierté et satisfaction.

Je suis certain que Christian Drolet sera désormais plus rapide à grimper aux arbres (s’il m’entendait...). Il a le privilège de l’âge, ce que j’ai de moins en moins.

Nous nous croiserons à nouveau. J’en ai la certitude. J’en profite, d’ailleurs, pour vous exprimer tout mon bonheur d’avoir pu vous rencontrer et contribuer à graver de beaux souvenirs dans votre tête. L’épanouissement des gens est une valeur que le Camp École Kéno défendra toujours avec vigueur : c’est sa mission fondamentale.

À Kéno, j’ai pu vivre toutes les facettes de ma personnalité.

J’ai eu de très bonnes relations avec des amis(es), des enfants, des adolescents, des membres du personnel… J’ai eu la chance de travailler manuellement (j’ai fabriqué des canots, j’en ai réparé plusieurs)… J’ai pu être créateur et organisateur en faisant des chorégraphies, des symboliques, etc… J’ai prié Dieu lors des messes avec des personnes soit dans les huttes ou lors de grandes assemblées comme avec des secteurs ou pendant la messe à la fin du pré-camp ou à la fin de l’été… Tout au long de ces années, je me suis senti valable en instaurant un style de vie sur le camp pour l’ensemble du personnel et des jeunes… J’ai réalisé plein de rêves à Kéno… J’ai pu partager mes sentiments et mes émotions avec des personnes à différentes occasions entre autres pendant des retours avec des membres du personnel de l’animation… Kéno a été un milieu dans lequel j’ai pu être moi-même.

Je vous dis un gros merci au Père Paul, aux pères Poussard et Chabot, à Jean-Yves, à Hélène et à tous ceux et celles qui ont été présents dans ma vie à Kéno. Vous m’avez permis de vivre de très bons moments. Merci beaucoup.

Roger Landry (père mariste)

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