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DEUXIÈME PARTIE: TÉMOIGNAGES DE SES AMI(E)S

Le Père Paul - Le Père Kéno - Paul Kéno

Rosaire Poussard, (père mariste), écrit au Pavillon Colin, Saint-Augustin, le 24 novembre 1977 et dit à la réception donnée à l'occasion du départ pour Rome du Père Paul au Château Bonne Entente, à Sainte-Foy.

 

Voilà autant d'expressions vraisemblables que le temps a cristallisées dans la pensée des nombreux amis de Paul depuis la fondation du Camp École Kéno en 1964.

Paul, certes, est devenu le symbole de l'énergie intarissable, branchée sur les nombreux organismes du plein air. Il a sans contredit, électricisé les auditoires les plus diversifiées par son dynamisme et son potentiel. Mais, auparavant, il a canalisé cette énergie vers le Camp École Kéno qu'il a fondé en 1964. La hache d'une main, le sécateur de l'autre, le poil de son chef hérissé et ras, la culotte en lambeau, ... une vraie voirie dans les bois de Perthuis ..., Paul perçait la voie sinueuse et escarpée qui conduit au Camp Kéno. Je l'ai vu gravir les montagnes, débouler les ravins et les vallons, tasser les rochers, ponter les ruisseaux, le corps arqué en arrière, enlisé dans une marre de boue et livré en pâture au nuage de moustiques.

Ce spectacle avait duré deux longs mois sous les pluies torrentielles, quand Paul Kéno sortit du bois, le chapeau de feutre enfoncé sur les tempes et tout suintant. "Carrosse à ressort" disait-il, "Quel boulot ! Il pleuvait en Simone".

C'était la première étape presqu'une épique de la fondation de Kéno. Il fallait maintenant bâtir. Si vous aviez vu le Père Paul cabrioler les cours à bois de la ville de Québec et des banlieues ! Personne n'échappait à ses enchantements. Les yeux arrondis sur les quatre par quatre, les quatre par huit, les bouts de planches, Paul rendait un culte exceptionnel aux commerçants de bois. Les jérémiades pleuvaient auprès d'eux pour décrocher des matériaux de construction. Les marchands de ferraille ont été ébranlés par le torrent de litanies de Paul qui terminait ses entrevues par : "Saint-Simonaque, que t'es smart !"

Ses vibrants appels ont failli me faire perdre l'ouïe. "Rosaire, fais ça pour moi". Sur sa trace, il me fallait dénicher des marchandises à bon compte, envoûter les richissimes de la région, conter des romances, fredonner des complaintes aux philanthropes. Les compagnies de transport, chargées de toutes les cueillettes, ont vite connu le chemin à peine carrossable du Camp Kéno.

Les corvées, sans quartier, se succédaient à fond de train, et tout était si bien orchestré par le directeur-fondateur que, comme des bijoux, les bâtiments s'enchâssaient dans l'automnal décor si rutilant de Kéno. On aurait dit que Paul avait changé l'ordre des phénomènes naturels par des incantations. Au Camp Kéno, nous disait Paul, il se produit des miracles à tous les jours. C'est pour cela qu'il fait toujours beau au Camp Kéno. Un vrai conte de fée ! Mais la féerie côtoie la réalité au Camp Kéno. La preuve : en dix ans, cinquante bâtiments sont sis avec harmonie dans un somptueux décor.

Le plus grand acte d'une création ne réside pas dans le fait de donner une existence aux choses, mais bien de leur donner un souffle, une vie, une âme. Kéno a une âme, Kéno a une vie. Kéno, c'est la vertu de Paul, esprit lucide et perspicace qui insuffle le dynamisme soutenu. Inféodé à sa personne, c'est être un ressort vivant qu'on déclenche au moment opportun.

Rien de plus enflammant que cette animation de Paul, imbue d'une philosophie de la nature dont les principes exercent une préhension sur toutes les activités, la programmation et la fourmilière de moniteurs de Camp École Kéno ! Partout à la fois, Paul a communiqué ses intuitions. Kéno, en dix ans, est devenu une grande table ciselée dans le roc granitique du comté de Portneuf où les futurs artisans pourront sans effort tremper leur plume dans le grand encrier qu'est la rivière Noire et écrire sur les feuilles emblématiques de notre Belle Province un beau poème de la belle époque du Père Paul :

        Kéno ! Quel beau Camp ! Quel trésor gratuit !
        Pour rendre hommage à ce pionnier,
        Comme le jasmin à son jardinier,
        Tu ornes les bois de ton cher Perthuis !
        Paul ! Tu prends ton essor vers d'autres lieux
        Où l'odyssée de l'histoire antique
        A illustré le héros magnifique.
        Comme lui, tu as mué les milieux.
        D'un océan à l'autre, animateur !
        Qui a, plus que lui, parlé de nature ?
        On l'écoutait tous, sans littérature
        Livrer sa méthode de novateur.
        Merci, Paul, au nom de Kéno, ton Camp,
        Érigé par ta générosité,
        Où le "p'tit toan" a été abrité
        Comme l'Alouette dans un beau champ.
        Oui ! la Belle Province se réjouit.
        Tu as accompli l'énorme boulot
        Qu'il faut, dit-elle, reprendre bientôt.
        Aure Voir ! Le seul mot qui l'épanouit !

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Le Père Paul

Rosaire Poussard (père mariste), écrit pour la revue de l'Association des Camps du Québec, lors du départ du Père Paul pour Rome.

 

Paul Bélanger, figure bien connue dans l'Empire des bois et des blés, "a mari usque ad mare", s'affiche maintenant dans le monde international. Sa nomination à Rome comme Conseiller Général de la Société de Marie, l'arrache à l'Association des Camps du Canada, à l'Associations des Camps du Québec, au Camp École Kéno, ce bébé qui fait ses premiers pas dans les sentiers battus des ancêtres en camping. Sur un plateau d'argent, des milliers de travailleurs en loisirs semblent l'offrir, à regret, à un monde lointain et quasi étranger. Paul, semblable à un héros épique en quête de grands espaces, quitte les patelins aimés, que dis-je, chéris de sa personne, les camps de son pays, pour une aventure, de prime abord étonnante, presque féerique qui n'a aucun lien direct avec les aventures fantastiques à travers bois, lacs et rivières qu'il a conquis avec fierté.

Paul traverse maintenant les mers et les océans comme un géant ouvré à l'air des impressionnantes montagnes laurentiennes qu'il a humées avec tant d'appétit. Le visage tourné vers la nature qui l'a pétri, vers les copains qu'il a soutenus et encouragés grâce à un dynamisme légitimement enviable, Paul fait figure de prophète en loisirs dont la marque profonde de son amitié restera longtemps gravée dans le cœur de ses compatriotes canadiens.

À titre de vice-président des Camps du Canada, il aspirait avec noblesse à la présidence pour servir la cause si chère des défenseurs du "Plein Air" dans notre patrie. La Belle Province lui reconnaissait les dons de leader au sein du Conseil d'administration de l'Association des Camps du Québec. Il animait avec sagacité, à titre de président de la section française, les directeurs des camps français qui se sentaient soulevés par une vague de fond au cri vibrant de foi et d'espérance en la nature, source d'intériorité.

Peut-on non sans un chagrin mal dissimulé, le laisser lécher d'autre rives, vases antiques ciselés au cœur de l'humanité, et ne pas dire "Merci" pour l'œuvre titanesque, érigée et sublimée avec tant d'ardeur et de dévouement ? Canadiens-français ! Canadiens-anglais ! une page d'histoire vient de tourner, mais le verso ne peut rester sans suite. Paul nous dit, tout simplement : "Continuez à écrire l'histoire merveilleuse des Camps de mon pays, en chantant ALOUETTESKI".

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Kéno ... les belles années de Paul

Gilles Chabot, père mariste, ami et pionnier avec le Père Paul pour la route, les premières constructions et plusieurs étés à Kéno.

 

Quand tu prends la photo d'un objet, la pellicule est impressionnée, l'objet y est enregistré mais on ne voit rien. Pour qu'apparaisse l'image enregistrée, il faut que la pellicule soit plongée dans un bain qu'on appelle précisément un " un révélateur ". Un des meilleurs bains-révélateurs pour donner une bonne image de Paul, c'est sans doute le CAMP KÉNO.

En 1960, il fallait être un rêveur, un ignorant, un géant un peu fou ou tout simplement un créateur pour construire, à partir de rien, le magnifique Camp Kéno. Paul était un peu tout cela. Depuis son enfance au lac Sergent, Paul rêvait de bâtir un camp pour la jeunesse, un vrai camp en pleine nature et loin de l'asphalte, comme il le répétait. À plusieurs reprises, nous avons exploré différentes régions, différents lacs, différents sites propices pour établir ce camp rêvé. Un bon dimanche après-midi, il arrête son choix sur un site exceptionnel, magnifique, formidable, idéal, sur le côté est du lac Long dans Portneuf. Depuis ce moment, le camp existait ... dans son imagination : il voyait les huttes, l'amirauté, la cuisine, les mousses, la fumée qui monte du feu de camp et toute une flotte de canots voguant joyeusement sur le lac.

"Avant de construire une tour, nous dit l'Évangile, tu dois voir si tu as les moyens nécessaires pour réussir". Ces paroles évangéliques ne semblent pas avoir ralenti Paul, tellement il était optimiste, confiant et rempli d'énergie. Du moins les évaluations des ressources et les études de faisabilité n'ont jamais été publiées. Au tout début, un homme d'affaire, voyant que les Pères Maristes ne pouvaient pas s'impliquer financièrement dans le projet Kéno, demandait à Paul comment il allait financer la construction du camp. Quelques minutes plus tard, il devenait le premier bienfaiteur du camp.

Avant de bâtir le camp, il fallait réparer six milles de chemin de bois à partir de la station Perthuis jusqu'au lac Montauban, et construire deux milles et demi de chemins de pénétration en pleine forêt, sur un versant de montagne chargé de dépôts glaciaires et le tout dans des conditions très difficiles. Même le vieux sage de l'île, Monsieur Oscar Bertrand, disait avec conviction : "jamais, jamais, jamais je ne verrai un chemin par icitte". Et pourtant l'année suivante, un bon matin le bélier mécanique luttant énergiquement avec un "bétail de roche" (expression typiquement paulinienne) au fond de la baie, l'a réveillé et même fait tomber de son lit.

Durant l'année scolaire, Paul avec son sans-gêne et sa force de persuasion avait réussi à "dénicher" deux béliers mécaniques, vingt-huit barils d'huile diesel, vingt-quatre barils de gazoline, des outils, un camion, un camp forestier pour l'hébergement, deux ouvriers et cinq Pères qui tombaient justement en vacances. Un peu fou comme lui, nous voilà donc après les classes, les mains tendres ... avec le pic, la pelle, la scie mécanique, la pitoune, les calvettes, la drill, la dynamite et ... les maringouins.

Des "Oh hisse ! Oh hisse ! Oh hisse ! " puissants retentissaient dans la forêt à la surprise des orignaux, des ratons-laveurs, et peut-être aussi des hiboux. C'était le général Paul qui dirigeait des opérations qui exigeaient la synchronisation et surtout toutes les forces des ouvriers. Un jour, Paul tirait de toutes ses forces pour traîner un merisier énorme dans les fondations d'une calvette et voilà que son crochet à pitoune lâche soudainement et Paul s'allonge de tout son long sur le dos dans un lac de vase épaisse. Il se relève dégouttant de vase et sans perdre sa bonne humeur, malgré nos rires incontrôlables, il repique son crochet plus solidement. Tout au plus un "Simonne de merde " est sorti de sa bouche. Avec un tel chef qui n'a pas peur de se salir, tu repiques toi aussi ton crochet et les travaux progressent.

Paul a établi la base des opérations à Perthuis, dans le vieux camp forestier de Monsieur Albert Julien où on se "batchait" du lundi au samedi. Étant avant le Concile, on se levait pour dire la messe, les uns après les autres à partir de cinq heures et ensuite, c'était le déjeuner et la préparation des sandwiches.

Heureusement que le Père Poussard avait des diplômes dans ce domaine. Beau temps, mauvais temps, à sept heures et demie, au signal : "Oké les gars". C'était le départ pour le chantier à sept milles en forêt. Le vieux camion Studebaker donné par Sillery fut très précieux pour nous voiturer sur des chemins impossibles. Chacun le conduisait à son tour pour traverser la Seigneurie et selon les évaluations bien contrôlées, Paul qui avait le pied pesant sur la pédale à gaz ne détenait pas les records de vitesse au milieu des courbes, des trous et des bosses de la route.

Les secondes vacances, soit l'été 1965, furent consacrées au gravelage du chemin et à la construction des premières huttes et des services de base. Paul, enhardi par ses succès, devenait encore plus convaincant et irrésistible pour trouver du bois, du contreplaqué, des clous, du bardeau d'asphalte, de la peinture etc ... à bas prix. Même lui était surpris d'obtenir autant de matériaux gratuitement. Sans doute c'était pour une bonne cause et sa foi dans le Déus providébit fonctionnait.

La troisième saison, soit en juillet 1966, Paul avait décidé d'accueillir des campeurs. Malgré tous les efforts, le camp malheureusement n'était tout simplement pas encore prêt et tout était boiteux même à partir des installations de base, de l'aqueduc et jusqu'à Hydro-Kéno. Pour le comble des malheurs, au jour de l'entrée des campeurs, une pluie diluvienne avait détrempé tous les terrains et ruiné les puisards, les chemins etc. Nous avions peur que les parents, découragés et déçus, repartent avec leurs enfants et voilà que Paul, avec son optimisme sans faille, réussit à convaincre tout le monde qu'au Camp Kéno "il fait toujours beau". Ces paroles salvatrices issues d'une vision super positive des réalités, sont devenues à Kéno un dicton célèbre qui réconforte encore aujourd'hui les campeurs et même qui gêne les nuages de crever au dessus du camp.

Même si tu es débrouillard et bourré de talents, tu dois t'entourer de collaborateurs surtout dans un projet aussi colossal que Kéno. C'était une autre force de Paul. Le Camp Kéno était entièrement son projet personnel et il l'a vite partagé avec toute une armée d'amis. À temps et à contre temps, il parlait de son camp comme une mère parle de son fils. Il vantait ses mérites, mais il n'oubliait pas aussi les mérites de ses collaborateurs. Objectivement, il voyait ton travail et il savait l'apprécier à sa juste valeur. Il cherchait à développer chez toi le sens d'appartenance et peu à peu le camp devenait ton projet ... à toi aussi. Je pense ici aux Petites Franciscaines, aux nombreux Pères Maristes dont Roger et Jean-Yves qui sont les responsables du Camp depuis des années, je pense aussi aux scolastiques, à Hélène, à Monsieur Moisan et à ces douzaines d'amis que je ne peux pas nommer ici et qui ont donné de leur temps, de leur amour, de leur cœur pour le camp et ... pour Paul.

De temps à autres, Paul savait "dételer" et se donner du bon temps. Les expéditions en canot sur le lac dans la brume du matin le rendait particulièrement heureux et le portait à chanter gaiement de sa voix puissante que l'écho transportait de montagnes en montagnes. Il s'amusait aussi à imiter le chant des huards si bien que les vrais étaient confondus. Aux feux de camp, il était à son meilleur lorsque des mousses étaient costumés à l'indienne pour exécuter des mimes, des danses... Franchement, il ne se laissait pas prier pour présenter une danse et surtout pour chanter son "alouetteski" qui est vite devenu un succès international.

Contrairement au vieillard Siméon et à la prêtresse Anne, Paul ne passait pas la journée au temple. Cependant, il était un homme de foi et de prière. Il savait rencontrer Dieu dans les beautés de la création. En voiture ou en canot, il aimait dire le chapelet. Le soir, au coucher, à genoux au pied de son lit, la tête dans ses deux grosses mains, il parlait à son Ami. Quelques minutes plus tard, grâce à ses techniques de relaxation, il était "parti" et il ronflait allègrement.

Tout raconter ce que nous avons vécu avec notre ami Paul à Kéno est impossible. Il faudrait mentionner ces belles soirées à jouer aux échecs. Il faudrait parler de camping, d'expéditions, d'hébertisme, de réparation de canots, de la construction d'un totem géant et bien d'autres projets, de jeux de nuit avec les campeurs, d'aventures cocasses, de ces inoubliables étés avec les moniteurs, les instructeurs et les campeurs etc. etc. etc. Tout simplement, je termine en disant que ces années avec Paul furent marquantes et agréables. Son optimisme, son sens d'accueil, sa vision positive, son courage, sa détermination et son honnêteté m'ont toujours impressionné et inspiré.

Paul tu es parti, mais ton œuvre demeure et toi aussi. Tu es encore avec nous. Tu es une source d'inspiration, tu es pour nous tous un grand mariste.

Adieu Paul !

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LE PÈRE PAUL EST PARTI POUR TOUJOURS : MAIS SON SOUVENIR DEMEURERA

Hélène Côté Auger, elle collabore au projet du Camp École Kéno depuis l'été 1974.

 

Quelle chance, j'ai eu de connaître le Père Paul !

Arrivée à Kéno, à l'été 1974, je l'ai vu agir, entendu parler et toujours positivement; il n'y avait jamais rien d'impossible. À tout problème, il y avait une solution. Il était un bâtisseur, un homme travaillant, acharné et persévérant.

À son départ de Kéno, pour Rome, où il allait assister à l'assemblée mondiale de la communauté Mariste, en août 1977, la tristesse nous envahissait, ayant à l'esprit la possibilité qu'il soit élu à un poste. Et voilà en novembre, suite aux élections, nous apprenions sa nomination comme assistant-général, pour quatre ans et devint ensuite vicaire-général, pour quatre années additionnelles; ça a été un coup dur.

Dans ses lettres, il racontait son adaptation à ce nouveau mode de vie. Il était en pensée avec nous. Dans une de celles-ci, datée du 10 mai 1978, il mentionnait : "Ça fait chaud au cœur de voir que tout fonctionne bien sans qu'on y soit. Ça prouve que l'équipe de relève prend les choses à faire avec compétence. Bon succès pour la suite". Il était l'homme qui faisait confiance aux autres, ça se sentait.

Personne n'oubliait une rencontre avec le Père Paul; sa bonhomie, sa spontanéité, sa jovialité, sa simplicité, son optimisme, son sens de l'humour, rendait sa personnalité attachante. Il s'intéressait aux personnes, ce qu'elles étaient, leurs préoccupations.

Il savait captiver son auditoire, que ce soit pour une causerie ou un simple exposé, son talent de communicateur retenait l'attention des gens qui l'écoutaient. De même lors d'une soirée animée, il acceptait volontiers de faire valoir ses talents de chanteur et avec gestes appropriés, il rehaussait l'ambiance déjà créée.

Au début d'une journée, si les nuages démontraient des signes de mauvais temps, le Père Paul regardait le ciel et nous disait : " Ca va changer de bord et à 11 heures, le soleil va être là; il va faire beau encore aujourd'hui". Si la pluie venait à tomber : "C'est de la pluie sèche", disait-il.

Ainsi peu importe la température, il nous apprenait à accepter les hauts et les bas de la température. De là, du Père Paul, sa célèbre phrase: "Au camp Kéno, il fait toujours BEAU !" Un jour, un jeune campeur s'exclama : "même s'il pleut, il fait beau en dedans de moi, dans mon cœur". Voilà l'optimisme, l'aspect positif compris, contenu dans le message du Père Paul.

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Lettre à mon ami le Père Paul

Georges Auger, il donne un gros coup de main à Kéno depuis 1974.

 

Mon cher Père Paul,

Que de souvenirs nous avons partagés durant les années où nous avons relevé de grands projets pour le Camp Kéno !

"Ils ont rêvé de parcourir les mers,

Ils ont rêvé de courir les pays"

(Chant-thème du groupe aventuriers à Kéno)

Oui Père Paul, tu as rêvé et tu as fait rêver des gens. Tu as rêvé de bâtir un monde merveilleux où l'amitié, la fraternité, l'Amour serait roi. Je te dis mille fois merci, pour ces milliers de jeunes qui ont eu le bonheur de te croiser et que tu as lancés dans la vie avec cet idéal du merveilleux, du goût pour le plein air et les beautés de la nature. Tu leur as communiqué et Dieu sait que tu étais communicateur hors pair, le goût de mordre à belles dents, dans la vie.

"Les ancres sont levées, les voilures sont gonflées,

vous les verrez passer les aventuriers"

Oui Père Paul, tu es parti, très discrètement pour un monde meilleur : tu nous as quittés si vite, sans un mot d'adieu. Tu étais encore "très vert" et rempli de projets ! Dans ma tristesse, je me réjouis lorsque je pense à l'héritage et aux réalisations que tu nous a légués; ton optimisme débordant, ton audace pondéré par ta riche expérience de la vie, la chaleur et la simplicité de ton accueil. Tu avais un don inné pour rendre à l'aise ceux que tu rencontrais dès les premiers instants.

"Vivront alors la plus grande aventure

vivre sa vie, du vent plein les voiles"

Oui Père Paul, ta descente de la rivière de la vie est terminée avec succès; tu as certes rencontré de l'eau vive, des rapides, des seuils, voir même des cascades et des chutes; tu as dû effectuer des portages, même des très longs; qu'importe tu as su guider ton canot à bon port.

Pars en toute quiétude, tu as à mes yeux, réussi à vivre ton aventure avec et pour le Dieu pour qui tu avais consacré ta vie.

Oui Père Paul, mon ami, c'est avec une très grande émotion, que j'écris ces quelques lignes en souvenir de notre très grande amitié; je me remémore avec beaucoup de joie, les nombreux rêves et les belles réalisations que nous avons vécus ensemble.

Oui Père Paul, je ne pourrai jamais oublier ton enthousiasme, ton leadership, ta clairvoyance, ton sens inné du travail d'équipe et ta philosophie de vie.

Oui Père Paul, tu m'as tracé la voie durant les quinze années que je t'ai côtoyé. Sois assuré, que je continuerai à descendre la rivière de ma vie, le vent plein les voiles, en m'inspirant de ton exemple, afin que mon gouvernail conserve le bon cap. Je serai confiant et enthousiaste, te sachant présent à mes côtés, comme dans le "bon vieux temps".

Oui Père Paul, même si tu nous a quittés, ton esprit est toujours présent à Kéno et tu te souviens :

" Au Camp Kéno, il fait toujours beau ! ".

Seigneur, dans ton immense bonté, accueille avec enthousiasme ton serviteur, le Père Paul.

Amen ! Alléluia !

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Le Père Paul

Pierre Arsenault, membre du Club des Lions de Sillery/Sainte-Foy.

 

J'ai eu le privilège de connaître le père Paul Bélanger, un homme qui était d'une grande modestie, généreux de son temps et dévoué à cent pour cent à la jeunesse qu'il affectionnait beaucoup.

Son dévouement pour les jeunes était remarquable. Avoir été son ami m'a grandi énormément. Je retiens de cet homme qui a réalisé autant de choses : sa simplicité qui le caractérisait.

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Father Paul

Madeleine Allen, director of Camp Ouareau.

 

I have known and worked with Paul for many years and well miss him as colleague. Camping will miss him - he contributed so much over the years.

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Le Père Paul

Michel-C. Bernier, membre du Club des Lions Sillery/Sainte-Foy.

 

Je garde du Père Paul un souvenir impérissable lorsque je le revois dans mes souvenirs, sur son quai de pierres de l'Amirauté, étant à la fois l'ingénieur et le manœuvre, plaçant lui-même les pierres et les faisant placer. Que d'énergie ! Tu me manques, Paul.

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Le Père Paul, il a passé en faisant le bien

Adrien Duperré (Saint-Vincent de Paul), ancien directeur du Camp l'Oasis.

 

Le Père Paul Bélanger a été pour moi le parfait modèle du religieux totalement donné à Dieu, à sa communauté et à la jeunesse.

Il était un homme d'action que rien ne rebutait. Je le revois encore défrichant le chemin pour accéder à l'emplacement du Camp Kéno. Ce fut un travail pénible, mais son dévouement était toujours à la hauteur des difficultés qu'il rencontrait. Qui pourra compter les démarches entreprises pour trouver les collaborateurs efficaces et les fonds nécessaires à la fondation de son camp ?

De plus, le Père Paul a su payer de sa personne en apportant, pendant plusieurs années, une collaboration active et très appréciée au sein du conseil d'administration de l'Association des Camps du Québec.

Une fois de plus, il nous a laissé l'image d'un homme de devoir et du don total lorsqu'il a accepté de faire partie du conseil général de sa communauté à Rome. Il l'a accepté avec joie et sérénité, malgré le grand déchirement intérieur qu'il devait ressentir à la pensée de quitter ceux pour lesquels il avait consacré une grande partie de sa vie. Son sacrifice allait jusqu'à l'oubli de lui-même. Il avait l'étoffe d'un grand homme.

Le Père Paul n'est plus, mais il nous reste le devoir de perpétuer son souvenir et sa pensée profonde auprès de ceux qui l'ont aimé et de ceux qui, sans avoir eu l'avantage de le connaître, bénéficieront de son œuvre.

Puisse son souvenir demeurer toujours dans nos cœurs et continuer d'être un modèle pour la jeunesse.

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Le Père Paul

par Pierre Guay, membre du Club des Lions de Sillery/Sainte Foy et ancien président de la Fondation Kéno inc.

 

J'ai connu le Père Paul dès les débuts de l'implication dans le Camp Kéno par le Club des Lions de Sillery/Sainte-Foy. Je garde une très bonne impression de sa présence à l'un des soupers du club pendant lequel le Père Paul nous demandait de l'aider et de le supporter dans son projet de développement du camp des jeunes.

J'ai toujours admiré chez le Père Paul ses qualités de leader. Homme dynamique, fonceur, déterminé, il affichait des allures de bon vivant malgré ses multiples occupations.

J'ai bien aimé travailler avec lui sur la corporation de la Fondation Kéno.

Je garde de cet homme un excellent souvenir.

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À un grand homme

par Édith Grondin, Marc Landry, Jérôme (Jéronimo), Catherine (Katarina), anciens membres du personnel de Kéno.

 

Travailleur infatigable, bâtisseur de pays, Père Paul, tu continues d'être pour nous un maître de vie, un guide spirituel. On peut sans hésiter te dire que tu as été certes une des personnes les plus significatives de nos vies. Nous avons toujours vu en toi un véritable éducateur car tu prenais plaisir à partager tes expériences de vie, tes connaissances, ton amour de la nature et ta foi avec les gens de ton entourage. Toi seul savait si bien nous conduire jusqu'aux limites de nos esprits, vers la réalisation de nos pleines capacités. Nous n'oublierons pas, non plus, ton dynamisme en tant qu'animateur et nous demeurons convaincus qu'à Kéno comme ailleurs de par le monde, on entendra encore et toujours l'écho de ta voix chantant "Un Gai Luron des Flandres". Père Paul, tu as été un homme passionné et passionnant. Sois assuré que ton âme nous habite à jamais.

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Le Père Paul

Hugo Lépine, campeur et membre du personnel de Kéno.

 

J'ai d'abord entendu parler du Père Paul à l'époque où je fus campeur en 1982, 83 et 84. Nous n'avions pas l'occasion de le rencontrer souvent mais tous les campeurs savaient qui il était. Nous avions l'occasion de voir sa photo au camp et le père Roger Landry nous racontait souvent l'aventure du Père Paul dans son œuvre auprès des jeunes. C'était et ce l'est encore aujourd'hui pour tous les jeunes qui passent par Kéno, un personnage à la fois intriguant et surtout impressionnant. J'ai eu l'occasion de le connaître plus personnellement lorsque j'ai commencé à travailler pour le camp à l'été 1988. Le contact fut alors différent. J'ai connu le père Paul en le côtoyant soit au Séminaire des Pères Maristes et sur le site même du camp. C'était une personne extrêmement travaillante, qui montrait l'exemple par l'acharnement et le cœur qu'il mettait à réaliser ses projets et ses missions. Le Père Paul fait partie de la classe de personnes qui imposent le respect par sa manière de faire, son attention, par sa sagesse. C'était un homme charismatique par nature. Voilà en quelques mots ce que j'ai perçu chez le Père Paul qui a réussi à fasciner bien des gens... moi le premier !!!

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Le Père Paul

Colette Pouliot, une amie du Père Paul et ancienne directrice du Camp Minogami.

 

Ce départ de Paul, qui nous quitte si vite et encore en pleine possession de ses talents remarquables, m'a vivement touchée. Je garde de bons souvenirs de lui : comme bien d'autres collègues de camp, j'ai partagé avec lui plusieurs rencontres et assisté à un grand nombre de réunions de l'Association des Camps du Québec.

Par son leadership, sa foi en la cause des camps de vacances et sa confiance en la jeunesse, le Père Paul a marqué profondément le développement des camps de vacances au Québec. Avec son départ, le Québec perd un grand pionnier des camps d'été et un grand éducateur.

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Le Père Paul

Lucie Samson, ancienne directrice du Camp-École Trois-Saumons et ami du Père Paul.

 

Le Père Paul est une des personnalités les plus dynamiques qu'il m'ait été donné de rencontrer dans le domaine des camps de vacances. Il était convaincu des valeurs éducatives inhérentes à la vie en plein air et se montrait toujours intéressé à dépasser le statut quo de la vie de camp. Les défis à relever étaient pour lui les meilleurs stimulants pour aller de l'avant.

On ne peut passer sous silence son amour profond de la nature qu'il savait transmettre aux autres dans un climat de franche camaraderie et de joie. L'école de Cadres, l'expédition de canot, les travaux avec l'Association des Camps du Québec, les nombreux échanges que j'ai eus avec lui, les plans élaborés sur le site même du futur Camp Kéno, sont autant de circonstances qui m'ont permis d'apprécier les qualités du pédagogue qu'était le Père Paul et son dynamisme à tout épreuve.

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Le Père Paul

Éric Simard, un campeur et un membre du personnel.

 

Le Père Paul ? Cet homme-là a réalisé ce que j'aurais voulu réaliser. Il a fondé un camp de vacances et il m'a permis de vivre une expérience incroyable !

C'était un ami de la jeunesse. Il travaillait pour les jeunes. C'était un homme plein, plein d'énergie. Il commençait quelque chose et il le menait à terme. Il ne faisait rien à moitié.

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Le Père Paul

Mathieu Verrault, un campeur.

 

Le Père Paul ? Une personne qui était très attachante. Attachant par ce qu'il faisait et par ce qu'il disait. Quand je le voyais, je m'arrêtais et je l'écoutais.

Drôle, je le trouvais très drôle, -impressionnant -.

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Le Père Paul

Yvon Vézina, ami du Père Paul et membre de la corporation de l'Association des Camps du Québec.

 

Paul était un homme extraordinaire ! Il avait beaucoup d'idées et il les rendait à terme. Il était un fonceur et un entêté dans le bon sens du terme.

Il a fait beaucoup pour l'Association des Camps. Il a mis énormément d'énergie et de temps au niveau de la région de Québec. Il a beaucoup collaboré à l'unification de la section française et anglaise. Il a fait un travail énorme pour la vitalité des camps. J'ai beaucoup aimé travailler avec lui.

Il a été un homme de devoir. Il accepta d'aller à Rome parce qu'on le lui demandait et qu'il croyait au bien fondé de l'organisation mondiale. Ainsi, il dut abandonner beaucoup de choses qu'il aimait par ici pour s'astreindre à de nombreuses réunions et à un autre genre de vie. J'admire sa générosité envers sa communauté.

Comme nous étions de bons amis, régulièrement, il venait chez nous. Tous l'appréciaient; il était très social autant avec les membres de ma famille qu'avec mes amis.

Paul a été pour moi un bon ami.

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Le Père Paul, le milieu familial, une enfance heureuse

Marie-Thérèse Bélanger, P.S.A., sœur du Père Paul Bélanger.

 

À Beauport, sur le chemin du Roy, au 687, avenue Royale, face à notre grand fleuve Saint-Laurent, naissait, le 22 avril 1929, dans la chère maison de grand-père Alphonse Boissonneault, le quatrième enfant de Roland Bélanger et de Fabiola Boissonneault. Il fut baptisé le même jour dans l'église paroissiale, Notre-Dame de la Nativité, sous les noms de Marie-Joseph-Paul. De nature douce et facile, enjouée même, Paul devait être la joie et la consolation d'une maman plutôt dépressive, encore que forte dans sa foi et dans sa confiance en Dieu.

Il naissait - au moment où sévissait la crise économique au pays - dans un foyer qui comptait déjà quatre adultes et trois enfants à nourrir. Papa travaillait alors chez Vandry; cela fut sûrement cause de sécurité pour maman. Mais voilà qu'au printemps 1930, papa tombait gravement malade (pneumonie et pleurésie). On parla même de sa mort possible. Alors Mme Georges Guillot, amie de la famille, vint offrir de prendre les enfants chez elle pour aider maman à bien soigner papa. Mais maman ne voulut pas se séparer de Paul, disant : "C'est le plus facile; je ne l'entends pas; il ne me dérange pas; il ne vient jamais dans la chambre du malade; il se contente de regarder par l'entrebâillement de la porte. Avec ses petites pantoufles, il ne fait aucun bruit". Déjà Paul, on le voit, était son préféré. Papa s'est heureusement sorti de cette maladie. Après une longue convalescence, il pu reprendre son travail chez Vandry.

Paul grandit, paraissant avoir hérité des bons côtés et de papa et de maman : patience, douceur, sens des responsabilités, fidélité au devoir d'état, bon entraîneur dans les jeux et au travail. Ajoutez à tout cela leur esprit de foi et de confiance en Jésus et en Marie.

À l'été 1933, Paul avait alors quatre ans, nous avons eu un accident de canot. Toute la famille y était, moins Guy qui n'était pas encore né. Papa a été capable de nous sauver tous, même maman qui était enceinte de Guy. Quand nous nous sommes retrouvés à la maison ce soir-là, maman nous dit : "La Vierge Marie nous a préservés de la mort; en reconnaissance, nous dirons ensemble le chapelet chaque jour ". La promesse fut tenue.

Très tôt, Paul fit partie des enfants de chœur; comme Fernand et Gérard, il servait la messe très souvent, sinon tous les jours; car chez nous, papa et maman allaient à la messe tous les matins, et la progéniture suivait sans difficulté. Nous nous levions tous à bonne heure. J'étais fière de voir mes frères servir à l'autel.

Paul se révéla aussi habituellement serviable; mais il savait aussi taquiner et, à l'occasion, entraîner les autres dans des aventures peu recommandables, comme de grimper sur le toit de la maison, et autre escapades semblables. En classe, il excellait. Il était aimé de tous. Il se montra très bon et attentionné pour Gérard qui, par maladie, avait été retardé dans ses classes. Il s'en occupait et prenait note des devoirs et des leçons pour les deux.

Il aima toujours les sports : le hockey en hiver, et les sports nautiques en été : natation, canotage, camping. Il était bon sportif et bon perdant. Au lac, en été, les soirs de pluie, on se retrouvait en famille avec des amis autour du piano. Maman nous jouait les airs de la "Bonne chanson" et tous chantaient en chœur. Paul avait une belle voix, comme papa et mes autres frères. C'était chez lui déjà un atout pour semer l'entrain.

Un jour, les Pères Maristes vinrent au collège de Beauport, en tournée de vocations. Paul devait avoir alors quatorze ans. Pas étonnant qu'en entendant parler des missionnaires qui allaient d'une île à une autre en pirogue ou en canot, il eût le goût de les suivre, lui qui aimait tellement tout ce qui touchait l'eau. Pour cela, il lui fallait se rendre au Juvénat de Sillery. En toute confiance, il avait donné son nom, séance tenante, et il en parla ensuite à la famille. Il savait que la réponse serait positive, même si la situation financière de la maison n'était pas brillante.

En effet, mes parent dirent : "On n'a pas d'argent, mais on ne t'empêchera pas de suivre ton appel". En 1943, l'argent était encore rare à la maison. Papa apportait son enveloppe de paye intacte, organisait le budget, distribuant des sommes d'argent pour la maison, le loyer, la nourriture, les comptes à payer, etc. Il n'y avait jamais de surplus. On ne savait trop comment on pourrait trouver trente dollars supplémentaires par mois pour le Séminaire. Mes parents toutefois comptèrent sur le Seigneur dans un geste de foi confiante. Au départ, le curé aida un peu, on économisa un peu. La partie n'était pas gagnée pour autant, les fins de mois arrivaient trop vite. Mais la Providence veillait.

Paul était tout juste parti pour le Séminaire lorsque, au cours de l'automne, la Caisse Populaire vint demander à papa d'ouvrir une succursale dans notre maison deux ou trois soirs par semaines. Cela lui donnerait trente dollars par mois. La coïncidence était pas mal forte. Notre famille ne croyait guère au hasard pur et simple. C'est dans l'action de grâce que mes parents accueillirent la manne du ciel. Paul pouvait désormais poursuivre ses études; il pouvait se diriger vers le sacerdoce. Toute le monde à la maison en était très heureux. Son enfance heureuse se terminait le mieux du monde. Une phase nouvelle de sa vie s'ouvrait maintenant devant lui.

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Le Père Paul, ses débuts chez les Pères Maristes

Georges-Julien Côté, père mariste.

 

C'est en septembre 1943, au Séminaire de Sillery, que je rencontrai Paul Bélanger pour la première fois. Sa famille demeurait rue Royale à Beauport.

Si j'ai bonne mémoire, c'est le Père Guy Cyr qui fit connaître la Société de Marie à Paul, lors de ses tournées dans les écoles du Québec. À ce moment-là Paul faisait partie de la manécanterie du chapitre métropolitain de la cathédrale Notre-Dame de Québec. Les classes étaient dirigées par l'abbé De Smet. Paul devait donc voyager de Beauport au Quartier Latin pour suivre ses cours qui ne laissaient pas d'être exigeants.

Je l'ai rencontré le premier soir de son arrivée à Sillery, c'était le 2 septembre. Au premier abord, ce qui m'a frappé, ce fut son teint basané. C'est pourquoi on l'a vite surnommé "Chocolat". Tout pouvait s'expliquer par le fait qu'il passait ses étés à l'île que possédait sa famille au lac Sergent dans Portneuf. Plusieurs étés, j'ai eu le privilège de séjourner une semaine dans cette île féerique où il n'y avait ni électricité, ni chaloupe à moteur. Pour aller chercher quelqu'un à la terre ferme, il fallait pousser à force de rames une énorme chaloupe qui ne nous faisait pas la partie belle; mais on s'exécutait en chantant.

Dans l'île, régnait la discipline. Le matin, il fallait se lever tôt. Après le déjeuner, on nous demandait de faire du travail manuel jusqu'à midi. Il y avait toujours du boulot à faire sur la maison et les dépendances. Tantôt nous réparions une cabane à canots, tantôt nous peinturions la galerie, tantôt nous essayions de "renchausser" le rivage de l'île que les vagues érodaient un peu chaque année. L'après-midi, c'était temps libre. Nous en profitions pour explorer les alentours du lac, surtout la montagne qui leur appartenait. Parfois nous passions la nuit sous la tente sur cette montagne qui dominait le lac. Autrement, avant le souper, c'était le bain (à une heure différente des filles, s'il vous plaît ! ). Paul, comme ses frères d'ailleurs, était un vrai poisson. Il se sentait aussi à l'aise dans l'eau que sur terre.

Sa famille était bien chrétienne. Le matin et le soir, qu'il y ait de la visite ou non, tous ensemble nous faisions notre prière en famille et disions le chapelet. Ce n'est qu'ensuite que nous pouvions partir pour exécuter nos projets.

Chaque année, entre 1945 et 1949, Paul et ses frères, Gérard et Guy, participaient aux régates du lac Sergent. Les riverains considéraient l'événement comme la plus importante journée de fête de leur beau plan d'eau. Presque tous les jeunes et les moins jeunes étaient mobilisés pour faire de cette journée une grande réussite. De nombreux visiteurs de Québec et des alentours arrivaient par voiture ou par train. Les Bélanger étaient connus, et leur réputation sportive était des meilleures. Si mes souvenirs sont fidèles, Paul et ses frères détenaient presque toujours les premières places. En 1948 ( est-ce en 1940 ?), Paul et monsieur Marcel Jacob avaient décroché le championnat, pas seulement local, mais de toute la région de Québec, c'est-à-dire pour les lacs Sergent, Beauport et Saint-Joseph.

Il ne faut donc pas se surprendre qu'au Séminaire de Sillery, Paul révéla très tôt ses goûts et ses talents sportifs. Aucun sport ni aucun jeu ne lui semblait étranger. Que ce soit le hockey ou le soccer, le ping-pong ou la balle au mur, les jeux de cartes ou les échecs, il excellait en chacun et les pratiquait tous avec enthousiasme.

En 1943, Vincent Monroe (qui fera une belle carrière musicale) et Maurice Bhérer avaient pris l'initiative de mettre sur pied un ensemble vocal. Jean-Marie Martineau et moi-même en faisions partie. Nous l'appelions le quatuor Alouette, en admiration du célèbre groupe fondé par Oscar O'Brien et qui faisait fureur à l'époque.

En 1944, deux membres du groupe ne revinrent pas au Séminaire. Il nous fallut les remplacer. Paul Bélanger, dont la voix avait été remarquée, et Michel Saint-Cyr furent les élus. Ce quatuor a résisté à l'usure et s'est maintenu jusqu'en 1956. Gilbert Ménard, Raymond-Marie Moreau et Paul-Émile Vachon en furent des membres actifs pendant plusieurs années.

Au Séminaire, comme dans tous les collèges classiques du temps, le théâtre avait son importance. On produisait généralement deux pièces d'envergure par année : une avant Noël et l'autre vers la fin de l'année scolaire. Les Pères Jacques Pelletier et Placide Labbé furent, à cette époque, les directeurs de troupe et les metteurs en scène. Paul était rarement laissé de côté. Il adorait jouer et apprenait ses rôles sans nuire le moindrement à ses études. Jean-Marie Martineau, maintenant décédé, et Paul furent les stars des années 44 à 49. Il a joué également dans de nombreux sketches pour les réunions du club missionnaire et pour la soirée des finissants. Il était aussi membre très actif d'une association littéraire locale, l'Académie Saint-Laurent. Cette société avait été fondée par le P. Jacques Pelletier pour favoriser l'études des belles-lettres et l'art oratoire. Les talents de Paul s'y confirmèrent. Il en devint président en 1948.

Dans ses études, Paul était souvent bon premier de classe, comme dans les sports. Tout lui semblait facile. Étudiant appliqué et sérieux, il n'avait rien cependant d'un rat de bibliothèque. Promu préfet de la grande salle, son sérieux en imposait à la gent remuante des petites classes.

Paul avait une qualité tout à fait remarquable : il était attentif au autres. Il savait aider et encourager sans qu'on ait besoin de l'en prier. Il collaborait facilement aux projets mis sur pied par d'autres. Déjà il faisait l'apprentissage de la disponibilité qu'il a si bien démontrée sa vie durant.

Au noviciat de Staten Island, New York, Paul apprit l'anglais très rapidement. Là encore, il excella dans les sports et dans les activités théâtrales. La dimension religieuse de sa vie demeurait plus secrète à mes yeux, mais les responsables du noviciat n'hésitèrent pas à le recommander à la profession religieuse qu'il prononça entre les mains du Père Cyr J. Parent, le 8 septembre 1950.

Il fit ses deux années de philosophie au scolasticat de Framingham, Massachusettes. Il fit ses deux premières années de théologie à Marist College à Washignton, D.C. et les deux dernières au scolasticat de Framingham. C'est en fin de sa troisième année qu'il fut ordonné prêtre, soit le 4 juin 1955 en l'église Saint-Charles-Garnier de Sillery par Mgr Charles-Omer Garant, auxiliaire à Québec, Parmi les ordinands de ce jour, il y avait le P. Camille Desrosiers, missionnaire à Tuvalu, moi-même et un certain abbé Lamontagne, prêtre diocésain, qui décéda accidentellement en mai 1990, soit juste un mois avant le décès de Paul.

Après ses études théologiques, Paul reçu son obédience pour le Séminaire de Sillery où il devint professeur. Enthousiaste et convaincant, Paul réussissait bien en classe auprès des plus jeunes et des plus grands. Il savait se faire aimer de l'un et l'autre groupe. Tout au long de ses études théologiques, pendant les vacances d'été, il s'était préparé à la tâche d'enseignant en suivant des cours de français et de latin à l'Université Laval. Avec le P. Vachon, il renouait avec la bonne pratique du théâtre étudiant où il fait un excellent travail. Assez tôt, cependant, les autorités l'orientèrent autrement. Lorsque moi-même je commençai mon apprentissage de prédicateur, Paul faisait déjà partie de l'équipe de prédicateurs depuis quelques années.

En 1964, je prêchai ma première retraite paroissiale à Coleraine en compagnie de Paul. Heureusement qu'il était là ! Il parlait avec facilité et tenait les gens en haleine avec ses histoires et ses illustrations bien choisies. Il était même à l'occasion éloquent, particulièrement lorsqu'il parlait de la bonté et de la miséricorde Dieu le Père. Il fallait l'entendre raconter avec force détails la parabole de l'enfant prodigue. Prêcher en sa compagnie, pour le débutant que j'étais, c'était plus qu'une aubaine; c'était une chance inouïe. Rien chez Paul qui sentit la rivalité : il partageait volontiers ses idées, voire ses plans de sermons. Je ne pus, hélas, profiter longtemps de ce compagnonnage, car Paul fut nommé supérieur du Séminaire de Sillery en août 1965.

Son passage à la tête du Séminaire des Pères Maristes de Sillery ne fut pas de tout repos. Québec venait de créer le ministère de l'éducation. Il s'en suivit le bouleversement que l'on sait et des remises en questions qui ébranlèrent maints établissements vénérables de la Fédérations des Collèges Classiques. Notre Séminaire connut une baisse substantielle de nombre des élèves. Cette chute dans les effectifs atteignit un seuil critique en 1968. Avec le PP. Rivard et Vachon, Paul tint tête à l'orage, ébaucha un plan de politique nouvelle et ouvrit la maison aux externes. Sous sa ferme gouverne, le Séminaire retrouva un second souffle.

Comme provincial - à partir d'avril 1970 et jusqu'en 1977 - Paul ne quitta pas la simplicité qui le caractérisait ni ne perdit son respect du confrère. Il avait le don de nous faire accepter de bon gré les nouvelles nominations qu'il proposait, en nous motivant et en nous laissant le temps de penser et d'accueillir.

Pendant son provincialat, il remplaça pendant six mois un confrère parti aux études. Paul était devenu simple vicaire. Il me fut donné de voir que sa tâche de provincial et son travail de vicaire, Paul pouvait les mener de front sans créer aucun problème, Il avait pris au sérieux sa nouvelle tâche et la vivait dans l'enthousiasme. Les paroissiens de Sainte-Croix de Lotbinière gardent encore de lui le souvenir d'un homme simple, humain, sociable et de bonne humeur.

Je n'essayerai pas de faire le portrait de cet homme à la personnalité très riche. Disons le plus simplement du monde qu'il avait un esprit vif, qu'il était ouvert aux idées nouvelles. Sa pénétration d'esprit lui faisait trouver rapidement l'essentiel des choses et des personnes. Doué d'une grande capacité de synthèse, il pouvait circonscrire une situation en quelques traits de stylo. On gardera de lui le souvenir d'un homme de foi profonde, mais sans dentelle. Sa jovialité communicative et son optimisme presque impénitent nous touchaient dès l'abord. Mais sa plus belle qualité fut peut être de croire en la personne, ou disons mieux, de croire en l'efficacité de la grâce opérant en chaque personne.

Que Dieu ait son âme ! Je suis certain que la Vierge Marie, sa mère, était présente à ses derniers moments.

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LE PERE PAUL - CONSEILLER GÉNÉRAL (1977-1985)

Joaquin Fernandez (père mariste), conseiller général à Rome en même temps que le Père Paul.

 

Au sujet du Père Paul Bélanger, nombreux sont les souvenirs qu'ont accumulés ceux avec qui il a vécu quelques années à la maison généraliste à Rome. Avec lui, j'ai vécu cinq ans au sein de l'administration générale et ce furent des années très fructueuses à cause de multiples initiatives qui furent prises en faveur de la Société de Marie durant ce temps. Pour cette raison ce furent des années de contacts intenses et de fréquentes réunions de travail pour tous. Elles me permirent donc de connaître Paul assez intimement.

Le dynamisme de Paul pouvait difficilement se limiter à une maison assez isolée comme le pouvait être celle de Monteverde à Rome. Les difficultés de la langue, - ne pas maîtriser l'italien - lui ont coupé bien des occasions de sortir et d'établir des contacts avec l'extérieur.

En l'absence de son sport préféré le golf, fréquentes furent ses promenades à pieds dans la ville en compagnie d'un membre de la communauté de Monteverde. Son activité physique particulière fut le nettoyage du jardin. Après le repas du midi, il descendait tondre le gazon, ramasser les mauvaises herbes, couper les branches des arbres. Il y passait une bonne heure avant de retourner à son bureau.

S'il se donna dès le départ au ratissage de la propriété, il le fit avec beaucoup plus d'ardeur quand il eut arrêté de fumer. Ce fut tout un événement pour la communauté. Je me rappelle que cela a commencé après un certain voyage en France. Là il dut célébrer "le jour sans boucane". Il nous a raconté que ce jour-là, il n'avait pas fumé. Le lendemain, il a pensé que s'il y avait pu passer un jour sans fumer, il pouvait en passer deux, trois ... et finalement une semaine. De retour à Rome, il se débarrassa de ses cigarettes et de son briquet. Il ne fuma jamais plus. Cela lui a demandé beaucoup, nous a-t-il avoué, car il ressentait un réel malaise physique perceptible jusque dans la bouche, mais il a gagné la partie avec beaucoup de cran.

À partir de ce moment, il commença à suivre une diète qui en a fait sourire plus d'un. La diète avait pour but de diminuer son poids. Il voulait perdre la "bedaine". Il ne mangeait plus en soirée; le midi, il remplaçait les pâtes italiennes par une pomme. En revanche, il a toujours mangé du fromage comme si c'était du pain. De toute façon, avec la diète et le travail dans le jardin, son poids a baissé et il était très content du résultat.

Un travail qui l'a très intéressé jusqu'à la fin de son stage parmi nous fut celui des Constitutions de la communauté des pères maristes. C'était une mission dont il était responsable. Pour commencer, ce fut l'étude des Constitutions du fondateur des Pères Maristes, le Père Jean-Claude Colin, puis celle du Chapitre Général de 1977. Les ateliers organisés en différents lieux : - Fidji, Boston, Rome, Hollande - en vue d'informer les animateurs provinciaux chargés d'animer l'étude dans leurs provinces religieuses respectives furent des moments d'intense travail, de nombreuses initiatives, de grandes satisfactions pour Paul. Sa tâche consistait non seulement à préparer ces études, mais aussi à recueillir tous les travaux réalisés par les équipes et par les individus. Il a passé de nombreuses journées à les colliger, à les mettre en ordre, à les photocopier et à les relier pour leur future utilisation.

Un autre moment important en relation avec les Constitutions fut le suivi de la Commission chargée de rédiger l'ébauche des nouvelles Constitutions pour le Chapitre Général de 1985. Parfois, on l'a vu nerveux à cause de la lenteur du travail; mais à d'autres moments, il était content devant les résultats obtenus. La version finale du document de travail le souleva d'enthousiasme. Jusqu'à l'ultime limite, il essaya cependant d'y introduire des modifications qu'il jugeait importantes. Il les défendit jusqu'à la toute veille du vote lors du chapitre général de 1985.

Les membres du Conseil Général de la Société de Marie étaient bien conscients du caractère énergique de Paul, de sa capacité de décision rapide, de son sens pratique en tous ses jugements et ses projets. Les élaborations théoriques ne lui plaisaient pas; il préférait la planification de moyens concrets et immédiats pour répondre aux possibilités des personnes et de la Société de Marie. Il y eut des moments de tension au sein du Conseil Général précisément à cause de ce penchant pragmatique visant l'immédiat. Ce fut le cas surtout quand on essayait de planifier des politiques à moyen et à long terme. Que l'on pense aux politiques concernant la mission, la formation ou encore la formation continue. Cependant Paul fut toujours un homme de dialogue; il savait accepter ce que décidait la majorité, même si cela lui demandait de réels sacrifices. Il ne pouvait endurer les positions intransigeantes ni les positions basées sur des principes qui lui paraissaient abstraits, ou encore des décisions qui semblaient imposées par un membre du Conseil. Néanmoins, toute décision prise par le Conseil trouvait chez Paul un bon collaborateur.

En même temps que son énergie, il montrait beaucoup de joie de vivre et une grande capacité de relation avec les membres de la communauté. Cela se vérifiait surtout dans les moments de loisirs et au temps de fêtes spéciales organisées pour une raison particulière. Qui ne se rappelle Paul chantant "Alouetteski" ou "Napoléon", etc. ? Là, il retrouvait son esprit d'enfance et lui venaient à la mémoire tous les souvenirs de la cher Camp Kéno. Tous les visiteurs à la Maison Générale savaient ses chansons, ses histoires et ses souvenirs du Canada, que ce soit des excursions en canot sur les lacs, ou des randonnées de ski, ou des tournois de golf ou des aventures au Camp Kéno.

Les visites des provinces dont il était chargé étaient toujours une raison d'euphorie. Il préparait tout ce dont il avait besoin et quittait la maison comme s'il partait en voyage de plaisir. Au retour, il racontait sa visite dans les plus menus détails et avouait que les choses ne s'étaient pas toujours passées comme il l'avait prévu, qu'il avait rencontré de la résistance lorsqu'il s'agissait de prendre des décisions qu'il jugeait indispensables pour le bien de la province ou des personnes. Mais tous n'étaient pas des hommes de décisions rapides et de gouvernement comme lui.

Les rapports qu'il présentait au retour de ses visites furent toujours riches en contenu. Ils faisaient bien connaître la réalité des provinces et des communautés de la Société de Marie. En maintes occasions, ils contenaient des politiques ou suggestions et des recommandations très fortes et très audacieuses. Ces dernières ne furent pas toujours acceptées, après étude, à cause du risque qu'elles comportaient lorsque viendrait le moment de les mettre en pratique.

L'amour de la Société, l'attention au Supérieur Général, la fidélité aux réunions du Conseil quand le supérieur Général était absent et qu'il devait donc présider en tant que Vicaire Général, furent des qualités appréciées en tout temps. Une des préoccupations de Paul était que les Pères Maristes parviennent à un renouvellement authentique. Peut être une des ses grandes frustrations fut de voir qu'il ne se donnait pas assez de cours en renouveau théologique et spirituel du moins pas autant qu'il l'aurait désiré, même si c'étaient des domaines pour lesquels il ne se sentait pas bien préparé.

À la fin du Chapitre Général de 1985, il sentit que son travail à l'administration générale était terminé et qu'il devait quitter Rome le plus tôt possible. Demeurer sans avoir rien à accomplir le mettait mal à l'aise. Il fit de l'ordre dans son classeur et partit pour le Canada avec le désir de commencer à travailler dans sa nouvelle fonction de directeur des études au Séminaire des Pères Maristes à Sillery.

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